« L’avenir se construit avec nos territoires ! »
Dans un monde en crises multiples – climatique, géopolitique, démographique –, la France voit ses équilibres fragilisés, et les défis que devra relever notre pays dans les prochaines années ont rarement paru d’une telle ampleur. Il nous faudra, collectivement restaurer la confiance des citoyens envers nos institutions démocratiques, assainir nos finances publiques, réformer profondément nos systèmes de santé et éducatif, transformer notre appareil industriel ou encore affronter le défi du vieillissement et la crise du logement. A un peu plus d’un an de la prochaine élection présidentielle, conscients d’être à un tournant de notre histoire moderne, nous, entrepreneurs, publions aujourd’hui ce manifeste autour d’une idée force : l’avenir se construit avec nos territoires !
Penser et agir pour la croissance de nos territoires
Si l’urgence environnementale exige d’interroger nos modes de production et de consommation, seules la création de valeur et la croissance économique permettront d’affronter les épreuves de notre époque. Nous affirmons le cap ambitieux et responsable d’un progrès durable s’inscrivant dans le cadre d’une économie de marché, respectueux des équilibres et des ressources naturels, plaçant l’individu et son émancipation au cœur des préoccupations. Or, si Paris et son aire d’attraction sont un poumon économique indéniable du pays, il est indispensable d’avoir à l’esprit que nos territoires hors Ile-de-France, dans l’Hexagone et en Outre-Mer, concentrent près de 70% du PIB, 75% des emplois nationaux et plus de 80% de nos concitoyens.
C’est ainsi, en partant de nos régions, de leurs atouts économiques et des filières clés, que se construira la France de demain ; notre souveraineté nationale – industrielle, énergétique, numérique, alimentaire – passera inéluctablement par celle de ses territoires. Au plus proche du terrain et de ses réalités, nous souhaitons agir pour trouver des solutions concrètes et adaptées aux grands enjeux de territoire : logement et mobilité, santé, innovation, formation et recrutement, création et transmission d’entreprises, transitions écologique, énergétique et démographique, mutations industrielles, accès aux services publics, à la culture… Obtenir des résultats suppose de réfléchir à la maille des bassins de vie et de travail, abandonnant par la même une habitude héritée de notre culture jacobine : adopter une pensée nationale indifférenciée, qui s’apparente bien souvent à des constructions intellectuelles inopérantes.

Une large mobilisation collective pour relever les défis qui s’imposent à nous
Pour y parvenir, nous souhaitons associer très largement les différentes parties prenantes. Penser l’avenir d’un territoire suppose de mobiliser l’ensemble de ceux qui concourent à son développement : chefs d’entreprise, représentants de l’Etat et des collectivités, associations, partenaires sociaux ou encore milieu académique. Face à la complexification grandissante des problématiques auxquelles sont soumis les décideurs – intensification de la concurrence internationale, accélération des processus d’innovation et révolution de l’IA, interdépendance et imbrication des transformations – aucune catégorie d’acteurs ne peut détenir seule la connaissance nécessaire ni être en mesure d’avoir la capacité d’action pour faire face aux enjeux en présence.
Nous avons la conviction que ce n’est qu’en dépassant les clivages factices – opposant par exemple Paris à la « province », les métropoles aux zones rurales ou encore les sphères privée et publique – et en rassemblant les énergies et les expertises au service de projets de territoires que nous parviendrons, collectivement, à relever les grands défis qui se présentent à nous. S’enrichir des différents points de vue pour aboutir à des consensus ; coconstruire s’impose plus que jamais comme une évidence, dans un dialogue politique et social refondé.

Déconcentrer et décentraliser la France : pour une « République des territoires »
Conformément à cette vision, nous appelons à une modernisation de l’organisation territoriale du pays. Dix ans après les lois de 2015 (NOTRe et de fusion des régions), et alors que la décentralisation est à nouveau à l’ordre du jour, il nous parait indispensable d’adapter notre architecture politico-administrative aux nouvelles réalités en proposant une vision qui part des territoires, à même de libérer les énergies de ceux qui créent et innovent partout en France. Sans nier l’histoire et les particularités françaises – s’il est nécessaire de benchmarker à l’étranger, il serait illusoire de chercher à dupliquer à l’identique ce qui peut avoir cours dans certains pays voisins plus fédéralistes –, nous estimons qu’une meilleure efficacité de l’action publique locale passera par une nouvelle étape de déconcentration et de décentralisation, la première étant une condition incontournable de la seconde.
Déconcentration d’abord, car il convient que l’Etat et ses représentants puissent disposer de davantage de pouvoirs d’expérimentation dans les territoires pour lever certains obstacles – normatifs, réglementaires, administratifs – qui freinent bien souvent la réalisation de projets d’envergure par des délais d’instruction trop longs, voire de la “non-décision”, conduisant malheureusement bien souvent à une société de l’empêchement par l’excès de normes et le défaut d’arbitrages. Décentralisation ensuite, en favorisant une meilleure spécialisation des collectivités avec une adéquation des moyens – humains, financiers, fiscaux – alloués, pour mettre fins aux interventions croisées et doublons encore trop nombreux.
Instaurer une véritable « République des territoires », pour contribuer à une nouvelle prospérité française sans tout attendre de l’Etat, au plus près de celles et ceux qui entreprennent. Des dirigeants solidement ancrés dans les réalités et qui, à travers l’Institut Enterritoires, se dotent d’un outil pour mener des démarches en prise directe avec les écosystèmes locaux et contribuer au débat public sur leur avenir.
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