Logement et mobilité : 30 propositions pour le développement azuréen

L’attractivité du territoire azuréen représente un paradoxe. Son dynamisme économique et touristique et sa place en matière de recherche technologique placent la Côte d’Azur parmi les lieux où les Français déclarent vouloir le plus travailler.

Présentation de
la démarche

Et pourtant, du fait d’obstacles majeurs persistants à l’emploi, liés aux difficultés d’accès au logement et aux mobilités, les entreprises peinent à recruter et voient leurs projets de croissance mis en danger.
Et pour cause, dans le département des Alpes-Maritimes, le premier motif de refus d’emploi enregistré à France Travail est la dépendance à la voiture, celle-ci étant par ailleurs induite par la contrainte d’habiter de plus en plus loin des bassins d’emploi du fait du prix croissant des logements sur le littoral. 

Ces enjeux sont parfaitement illustrés dans l’enquête que nous avons menée auprès d'un échantillon représentatif de 600 habitants du territoire maralpin. Près d’un Maralpin sur deux déclare que la priorité numéro une en matière de logements doit être la réduction de son coût tandis qu’ils sont près de deux sur trois à citer la réduction des embouteillages comme urgence en matière de mobilités.

Ce rapport, fruit d’une démarche collective a rassemblé une soixantaine d’acteurs publics et privés, à travers des auditions et ateliers de travail, et croise ces deux enjeux pour mieux comprendre leurs impacts sur l’emploi et aboutir à 30 propositions concrètes.
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Les principaux enseignements de l'étude

Fleche

Relancer la production du logement, cibler plus efficacement les actifs

Pour loger plus de ménages, il faut produire plus de logements à des prix accessibles. Or, la pression foncière et les faibles marges de manœuvre, limitent les possibilités de construction et fait augmenter mécaniquement les prix. Il faut faire un meilleur usage du foncier encore disponible, de nombreux dispositifs existent et gagneraient à être renforcés comme le logement intermédiaire ou le bail réel solidaire. D’autres pourraient être expérimentés compte tenu de la situation exceptionnelle du territoire.
Fleche

Agir plus proactivement sur l'habitat existant

Sans attendre de trouver du foncier, il convient de mobiliser toutes les solutions possibles pour accroître l’offre disponible afin de faire baisser mécaniquement les prix des logements. Cela suppose d’assumer une stratégie de densification plus marquée, qu’il convient d’accompagner par des dispositifs incitatifs tant pour les communes que pour les propriétaires, et d’être proactif en matière de rénovation du parc privé. Sur ce point, l’attractivité du territoire pourrait être utilisée à son avantage en mobilisant les meublés de tourisme à cet effet. De nombreux leviers plus modestes, comme la division de parcelles, la cohabitation intergénérationnelle ou le coliving pourraient également aider à lutter contre la sous-occupation.
Fleche

Exploiter à son plein potentiel le moyen-pays

Face à ces constats il convient d'aménager le moyen-pays maralpin, en construisant du logement mais aussi en améliorant son accessibilité depuis les bassins d’emploi principaux. Pour ce faire, il faut une stratégie d’ensemble, qui pourrait être portée par un aménageur compétent sur l’ensemble de ce périmètre. Celle-ci devra notamment se concentrer sur la redynamisation de ces petites communes au solde migratoire négatif, mais aussi sur la desserte en transports du littoral.
Fleche

Décongestionner les infrastructures de transports du territoire

En matière de mobilités, l’urgence est de proposer une offre efficace et fiable aux usagers, dont les déplacements pendulaires sont contraints par une congestion généralisée de toutes les infrastructures. Cela passera nécessairement par une réflexion sur les possibilités d’aménagement futur de l’A8, avec deux tiers des Maralpins interrogés dans notre enquête déclarant l’utiliser quotidiennement.Mais l’intérêt de cette réflexion est aussi de se donner les moyens de sortir de la dépendance à la voiture individuelle, de poursuivre le renforcement des lignes de transports en commun existantes et la concertation autour du projet d'un métro azuréen.
Fleche

Définir une gouvernance adaptée aux enjeux locaux


La gouvernance fragmentée du territoire contraste avec la réalité d’un large bassin de vie interconnecté, où les actifs sont régulièrement amenés à franchir ces frontières administratives. C’est toute l’organisation des mobilités qui en pâtit : faible interconnexion des réseaux de transports, manque de concertation lors de projets aux intérêts pourtant communs et à l’arrivée, une difficulté supplémentaire pour les usagers et un frein majeur aux déplacements du quotidien. Sans prétendre révolutionner l’organisation administrative locale, l’urgence est de permettre l’émergence d’une plateforme commune rassemblant l’ensemble des acteurs du territoire avec pour objectif la constitution d’une organisation commune à dix, quinze ans du futur du territoire.